Bassins d’orages : le point sur la question

26 Avr

Les bassins d’orages nous protègent-ils ?

De façon générale, un bassin d’orage ne protège jamais que ce qui est en aval, sauf cas particuliers. Le Bassin d’Orage de Forest (BOF) de 18.000m3 protège essentiellement des trombes d’eau l’usine Audi et la STEP (station d’épuration des eaux) en aval de l’ouvrage. Le bassin d’orage du square Lainé temporisera l’arrivée des eaux qui NOUS tombent sur la tête et saturent NOS égouts avant même qu’en fin de course ne voyons nous-mêmes la tête de l’orage. Donc, la multiplication de petits bassins à flanc de colline allège en tous cas la situation de St Denis, cruelle s’il en est (jusqu’à 4 remontée des égouts dans les maisons, comme pendant l’été 2012).

De façon particulière, quand nous constatons sur St Denis que c’est « limite-limite » — et nous pouvons l’objectiver —, nous devons aussi nous dire que chaque m3 engrangé dans un bassin est autant de cm3 de moins dans les maisons. En mai 2013, les deux alertes rouge clair (il ne pleuvait pas « assez » pour nous mettre en difficulté) ont vu quand même entre 5000 et 8000m3 dans le BOF. C’est toujours ça de pris… En fait, s’il y a blocage sous l’usine/la STEP en aval, l’eau des égouts revient en arrière et sort chez nous. Les 5000 à 8000 m3 retardent le moment de ce retour en arrière. Tout cela est donc question de nuance… De la même façon, l’eau stockée au square Lainé mettra « un peu plus de temps » à envahir en contre-bas. Et c’est, parfois, une question de minutes…
Les bassins d’orage : une réponse à deux erreurs de logique environnementale

La logique des bassins d’orage est une logique qui répond à deux vieilles erreurs :

  • d’une part celle du « tout au béton » qui a muselé les fossés et ruisseaux qui menaient à la Senne, les fontaines et les sources. Ou va l’eau ainsi muselée ? Où elle peut, dans le premier point de fragilité, souvent nos maisons, les vôtres aussi parce que vous êtes probablement sur la limite entre deux couches de sous-sol : le sable du haut de Forest, l’argile ensuite. Pour parler « courbes », nous sommes à l’altitude 20, vous êtes sur l’altitude 35 à la limite sable-argile, l’eau bleue remonte chez vous aussi dès qu’elle rencontre l’argile (chez nous, c’est l’eau bleue ET l’eau grise !).
  • L’autre erreur est celle du tout à l’égout, qui envoie des quantités pharamineuses d’eau de pluie dans des égouts qui datent de 1870, époque où les flancs de Forest étaient faits de terres non bâties. Avec la pente, cette eau bleue (assez propre) envahit brusquement les égouts, devrait arriver à la STEP violemment (ce qui est contraire au bon fonctionnement de la STEP), et nous voilà naufragés.

Donc, les bassins d’orage sont une solution d’urgence et momentanée. Mieux que rien, mais moins bien que mieux ! Mettre des bassins d’orage et ne pas réfléchir à ce qui suit, c’est prendre du bénécol et mettre de la crème fraiche dans la soupe…

Propositions d’action

Ce qu’il faut, c’est :

  1. arrêter de bétonner en croyant maîtriser l’eau  — ce que croient la plupart des architectes et promoteurs que nous entendons encore actuellement en commission de concertation…
  2. rendre à l’eau ses voies de sortie et de passage, celles qui existaient à Forest avant 1819 ;
  3. séparer, geste après geste, l’eau bleue (pluie, etc.) de l’eau grise (WC, etc.), que ce soit en termes publics ou en termes privés (l’eau des toitures en citerne ou en étang, rétablir des surfaces perméables chaque fois que c’est possible, etc., non limitatif…) ;
  4. arrêter de balancer tout et n’importe quoi dans des égouts qui s’envasent à vue d’oeil (swiffettes, lingettes, résidus de ciment et de sable, langes, nettoyage des cuves de chantier, vêtements…) ce qui réduit le volume utilisable ;
  5. planter systématiquement les arbres des zones humides, régulateurs de l’eau en sous-sol : à Forest, ce sont les saules, aulnes, bouleaux, peupliers, et les végétaux régulateurs: laiche, scirpe, linaigrette, jonc, populage des marais, épilobe à petites fleurs, angélique, reine des prés, lysimaque, lotier des fanges, lentille d’eau, petit nénuphar, callitriche, renouée amphibie, renoncule, roseau, massette, carex, sagittaire, cresson, menthe, scrofulaire, épiaire, grande consoude, tanaisie, salicaire etc (L. Verniers, Histoire de Forest, 1949).

 

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